L’Acconage, plongée dans un métier antique

L’Acconage est un des pivots de l’activité portuaire. Ce métier, dont l’histoire remonte au début des transactions maritimes à travers les temps, consiste en l’exercice des fonctions liées au transit des marchandises au port, depuis leur prise de la cale des navires jusqu’à la remise aux clients pour l’importation, et de la réception, jusqu'à la mise en cale pour l’exportation.

Au niveau de l’entreprise portuaire d’Alger, un intérêt majeur est accordé à cette activité d’ordre commerciale. Le directeur de l’acconage, Mr Ioualalen Nacim nous emmène dans un voyage pour découvrir les aspects cachés de ce métier portuaire méconnu par excellence. Son histoire remonte au 15 ème siècle lorsque, faute de ports et quais, on a utilisé des embarcations légères pour débarquer les marchandises des navires en mouillage. L’acconier avait la mission de décharger et de pointer (compter et vérifier) la marchandise avant de la remettre à son client. Au fil des temps, l’activité s’est imposée pour se développer en métier à part entière.

Aujourd’hui, dans le monde portuaire, le métier d’acconier englobe également  un aspect juridique car l’activité est réglementée, donc régie par des lois et procédures. Le code maritime lui réserve tout un chapitre. Il est régi par le chapitre deux du dit code, notamment les articles de 920 à 932. A partir de cet ancrage juridique sensible, l’acconier détient la responsabilité sur la marchandise dés l’ouverture de la cale du navire jusqu’à la remise du produit au client. « Nous sommes les garants envers nos clients » précise le directeur.

Le champ d’action de l’acconier, un des maillons forts de la chaine de l’activité, s’étend de l’ouverture des cales à la remise de la marchandise en passant par son gardiennage au niveau des magasins et des terres pleins. Après constatation de l’état apparent des produits divers et conteneurs, se déclenchent les opérations de débarquement. Un support documentaire composé du bordereau de réserves et l’état différentiel, est l’outil réglementaire dont dispose le pointeur ou le chef magasin. Les documents sont contre signés avec le bord du navire, capitaine ou second, et donc permettent de délimiter les responsabilités pour tout un chacun des intervenants. En cas de mauvais arrimage, un constat préliminaire contre signé est établi et dégagera la responsabilité de l’entreprise. Actuellement, et grâce à la gestion électronique des documents, le manifeste est receptionné en temps réel. La structure manifeste au niveau de la direction acconage, se charge du suivi et transmet le manifeste vers la zone ou le magasin en charge du traitement du navire (selon la nature de la marchandise). Dans ce métier, il n’ya pas d’aspects cachés, seulement, il n’apparait pas dans les images gros plan de l’activité dominée par les navires accostés, les grues géantes, les différents moyens logistiques tels que stackers et le rythmes de travail. Derrière cette activité grouillante, l’acconier est présent avec professionnalisme et rigueur. Il veille au bon déroulement des opérations conformément au standard universel : s’assurer que les droits du client sont préservés et garantis. En raison de ses qualités spécifiques comme l’ensemble des autres métiers portuaires, la formation se fait sur le tas. Les techniques et valeurs professionnelles sont léguées entre les hommes. Mais avec l’évolution de l’activité et la généralisation des moyens modernes et technologiques, les reflexes d’acconage « ont tendance à perdre du terrain, notamment en l’absence de marchandises diverses » signale notre interlocuteur. Pour faire face, l’entreprise mise sur la formation continue dont les acconiers tirent profit. Apprendre la langue anglaise est une des priorités dans le programme tracé avec les services de la direction des ressources humaines. Par exemple, une session est prévue le mois de septembre 2017 avec une implication des cadres de la direction pour avancer d’avantage dans la concrétisation de cette démarche, très utile en ces moments de concurrence. Ioualalen, financier de formation, a été englouti par le métier d’acconier. Pour lui, c’est un autre challenge dans son parcours professionnel, qui exige la présence et l’engagement. Il est catégorique « Le seul secret de la réussite est de trouver les solutions adéquates aux différentes situations sur le terrain ». La communication interne est la clé de la productivité que l’ensemble des portuaires doivent surmonter, d’autant que l’entreprise met les moyens pour réaliser les objectifs planifiés de la croissance.  

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